Après Delors, Hollande, le nouveau mentor des socialistes bretons
Analyse
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Publié le 29 juin 2009 à 16h31.
Actualisé le 29 juin 2009 à 23h06.
François Hollande a lancé son club « Changer la gauche » à Lorient ce samedi. (Photo : archive Le Mensuel)
Samedi, François Hollande n’a pas choisi Lorient par hasard pour se mettre en selle pour la présidentielle. Soutenu par les principaux barons du PS breton, l’ancien premier secrétaire renoue avec la tactique dont il avait usé pour imposer Delors à la présidentielle de 1995.
2012 ? Y penser toujours, l’évoquer rarement pour se mettre en condition lentement. François Hollande a lancé son club « Changer la gauche » à Lorient ce samedi. Devant 400 militants, l’ex premier secrétaire du Parti socialiste a choisi la Cité des Indes pour se mettre en selle pour la présidentielle.
Avant de changer le fond, Hollande a choisi de lifter la forme. Nouvelles lunettes, visage aminci, chevelure brunie plus fournie et discours « de rassemblement ». Le roi des bons mots s’est mué en observateur assagi d’une vie politique qu’il regarderait désormais de haut. La présidentielle ? Il faut le pousser dans ses retranchements pour l’entendre reconnaître : « Je me prépare, et en me préparant, je nous prépare. » Hollande ne voit aucune raison de s'exclure du club des présidentiables. Conscient de l’agacement des militants, il ne s’étend pas là dessus non plus. Modeste, l’ex patron du parti souhaite « simplement » « apporter sa contribution » au PS.
Etre identifié sur le terrain des idées
Rue de Solferino, les réflexions se cristallisent sur des questions de leadership, relancées, la semaine dernière, par la proposition d’Arnaud Montebourg d’organiser de vastes primaires. Hollande, lui, préfère occuper le terrain des idées. « Il n’y a pas de conquête politique durable si elle n’est pas précédée par une bataille des idées », assène-t-il, avant de dérouler un discours aux accents de programme électoral. Son projet, sur lequel il souhaite « rassembler la gauche », est un « triple pacte » : « productif (favoriser l’investissement industriel et écologique), éducatif et redistributif ». Fini les catalogues de promesses, Hollande avancera des propositions « limitées en nombre mais pas en intensité ». Son objectif ? Etre identifié sur le terrain des idées.
« Changer la gauche », future machine de guerre ?
Cette stratégie plaît visiblement à la gauche bretonne. En tout cas à ses leaders. Le Lorientais Jean-Yves Le Drian boit du petit lait. Question tactique, Hollande et ses amis bretons semblent s’inspirer des Clubs Témoins, qu’ils avaient créés en 1985 et qu’ils continuent de réunir chaque été à Lorient. L’idée : rassembler une galaxie d’intellectuels et de politiques aux idées compatibles pour plancher sur un programme.
Une telle organisation pourrait ensuite se transformer en machine de guerre les mois précédents la présidentielle de 2012. Ce scénario, Le Drian et Hollande le connaissent. Ils l'ont déjà déjà pratiqué. C’était en 1994. A l’époque, Jacques Delors, leur mentor, était donné candidat favori de la présidentielle l’année suivante. Think-thank branchés, les Clubs témoins réunissaient alors près de 2 000 personnes à travers la France. « Metteur en scène » du candidat, Le Drian avait transformé Lorient en « Rome du Delorisme », aux côtés de Ségolène Royal mais aussi de François Hollande, « orchestrateur » de l’opération. Avec le résultat que l’on connaît.
K.T.