Carnac, Auray, Ploërmel… revue des points chauds
Elections municipales
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Publié le 28 février 2008 à 17h14.
Actualisé le 3 mars 2008 à 16h59.
A dix jours du scrutin, la campagne assez terne des municipales tente de battre son plein malgré la léthargie des vacances scolaires. De Ploërmel à Carnac, en passant par Vannes, Saint-Nolff et Auray, rapide tour d’horizon des points chauds dans le sud Morbihan.
Pas franchement de quoi s’énerver. La campagne officielle a beau être lancée, les futures élections municipales ont du mal à secouer la léthargie des vacances d’hiver.
Localement, les débats organisés par MGM ont connu un franc succès à Séné et Arradon (400 et 350 spectateurs). Et le site Internet de votre magazine connaît d’importants pics de fréquentation… Preuve qu’il se tramerait bien quelque chose… Mais cette quinzaine de congés semble tout de même avoir brisé l’élan de la campagne. Les candidats le reconnaissent. Ils ont beau multiplier les réunions publiques et les opérations de séduction dans les quartiers, difficile de capter l’attention d’électeurs, parfois en vacances ou toujours « gavés » par les campagnes électorales encore fraîches de la présidentielle et des législatives.
« Ça va vraiment commencer lundi », confiait mercredi l’un de ceux qui briguent une magistrature. Lundi… soit sept jours avant le premier tour. En attendant la blitzkrieg, petit tour d’horizon (non exhaustif) des points chauds locaux.
Retrouvez analyses et comparatifs des programmes dans le MGM de mars.
Ploërmel : Anselin, la der des ders
Anselin, le combat de trop ? Cette lancinante question hante la cité ploërmelaise depuis l’annonce de la nouvelle candidature du maire sortant, Paul Anselin, élu (UMP) sans discontinuer depuis 1977. Une interrogation dopée par le score obtenu, à Ploërmel, par son adversaire socialiste, la conseillère générale Béatrice Le Marre, aux élections législatives face à Loïc Bouvard (51,84%-48,16%). Mais il en faut plus pour inquiéter l’expérimenté Paul Anselin.
Devant les caméras, l’homme assure être « détendu comme jamais ». Il insiste sur sa décision de repartir pour un « mandat limité ». 2010 devrait marquer le passage de relais avec son premier adjoint Patrick Le Diffon. Le maire sortant avance également « les bons résultats obtenus par sa politique ». Il se refuse enfin à commenter la candidature sans étiquette de son ancien premier adjoint, le bâtonnier Bernard Oger.
Carnac : un député en danger ?
En l’absence d’une liste de gauche, l’élection municipale carnacoise tourne au duel fratricide. Elu d’une courte tête en 2004 à l’issue d’une élection partielle, le député-maire de Carnac, Michel Grall (UMP), retrouve sur sa route l’ancien édile divers droite Jacques Bruneau. Les prémices de la bataille sont apparues dès septembre. Celle-ci bat désormais son plein depuis deux mois.
Evincé de son fauteuil après la démission en bloc de son conseil municipal en 2004, Jacques Bruneau multiplie aujourd'hui ses critiques sur le bilan du sortant qui lui renvoie la balle allègrement (lire MGM de février). Michel Grall, lui, trouve du réconfort en se remémorant le score qu’il a obtenu aux dernières législatives dans « sa » commune : 63,15%.
Auray : la grande incertitude
La droite alréenne apparaît requinquée dans la cité alréenne actuellement présidée par le communiste Michel Le Scouarnec. L’arrivée consensuelle de la conseillère générale de Vannes, Annick Guillou-Moinard (UMP) s’est révélée être la potion de l’union au sein d’une droite atomisée depuis 1995. De quoi mettre le sortant en danger ? C’est ce que pensent les colistiers d’AGM qui misent notamment sur « l’usure du pouvoir » de Michel Le Scouarnec dans une commune où Sarkozy a détrôné d’une courte tête Royal lors de la présidentielle (50,10% - 49,90%).
Dans ce contexte, Michel Le Scouarnec, lui, table sur son bilan et sur le renouvellement de sa liste. Attention tout de même… l’équation alréenne est à trois inconnues : le score de la 3e liste, emmenée par le centriste Jean-Marc Alexandre et le comportement de son équipe entre les deux tours joueront peut-être un rôle décisif.
Saint-Nolff : « haro sur le Labbé »
Certains membres de la droite vannetaise en sont persuadés. Il y a « un gros coup à jouer contre Labbé ». Le maire sortant, Joël Labbé candidat pour un 3e mandat y affronte la liste « Une », menée par ses anciens adjoints Béatrice Kerrand (chargée de l’urbanisme) et Pascal Baudet (culture).
Cette équipe compte capitaliser les mécontentements suscités par la politique menée tambour battant par le sortant : projet de grande éolienne, résurrection du festival de Saint-Nolff, projet de restructuration du centre commercial via une Zac, etc. Joël Labbé, lui, s’appuie sur son bilan et sur un programme « ambitieux » comptant, notamment, sur l’Agenda 21 de la commune.
Une chose est sûre : la bataille nolféenne est suivie avec beaucoup d’attention par la droite de l’agglomération qui rêve de voir Joël Labbé mis au ban de cette assemblée.
Vannes : le mystère Vannes projet citoyens
Equation à trois inconnues également à Vannes où le sortant, François Goulard (UMP) pourrait se faire surprendre, s’il ne se qualifie pas dès le premier tour. Grande inconnue du scrutin, la montée en puissance de la liste « apolitique » Vannes projet citoyens pourrait peser dans la balance en empêchant le maire de Vannes de se qualifier au premier tour… avant d’offrir une réserve de voix à la gauche au second. Scénario inverse : VPC pourrait aussi semer le trouble à gauche en puisant ses scrutins au sein de l’électorat du candidat de la « gauche unie », Nicolas Le Quintrec… VPC offrirait alors un boulevard à Goulard pour qu’il se qualifie dès le premier tour. Le sortant est-il en danger ? Avec 50,10% des suffrages obtenus en 2001 à la faveur d’une triangulaire, le maire de Vannes va devoir ratisser large pour conserver son fauteuil.
Retrouvez analyses et comparatifs des programmes dans le MGM de mars.