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Economie

Saint-Avé : les salariés de Saupiquet en grève illimitée

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Publié le 8 février 2010 à 15h32. Actualisé le 8 février 2010 à 15h35.

Depuis ce lundi matin, les salariés de Saupiquet à Saint-Avé ont entamé un mouvement de grève, bloquant la chaîne de production de l'usine.

Depuis ce lundi matin 8h, les employés de Saupiquet à Saint-Avé mènent une grève illimitée. Ils protestent contre la fermeture annoncée de leur usine et réclament une prime de reconnaissance de 20 000€ par salarié.

« Saupiquet en grève », « Non aux licenciements », « Merci aux élus ! »… Le mouvement est lisible de la voie express. Depuis ce lundi matin 8h, les employés des chaînes de production du site Saupiquet à Saint-Avé mènent une grève illimitée. Ils protestent contre la fermeture annoncée de leur usine et réclament une prime de reconnaissance de 20 000€ par salarié. Tout s’est décidé la semaine dernière, à l’issue de plusieurs réunions du personnel. Sur 73 votants, 53 ont validé les revendications et l’entrée en grève. Ce matin, ils sont quelque 70 à suivre le mouvement.

« On nous prend pour des imbéciles »
Habillés chaudement, ils campent aux entrées de l’usine, rassemblés autour de braseros improvisés dans des bidons. Syndiqués et non syndiqués sont réunis et unis derrière le même discours. « On nous prend pour des imbéciles. » Tous dénoncent un chantage engagé par la direction du groupe Saupiquet qui, lors des récentes négociations relatives à la fermeture du site, a promis "une prime de 5 000€ pour exécution de bonne fin d’activité". En d’autres termes, « travailler jusqu’à la fin sans faire de bruit », traduisent les salariés qui ne l’entendent pas de cette oreille. Eux réclament une prime de reconnaissance de 20 000€ par personne, en sus des indemnités légales de licenciement. « Un rapport comptable indépendant, publié la semaine dernière, annonce des bénéfices estimés à 6 M€ pour le groupe Saupiquet en 2009. Ces derniers font suite à un bénéfice de 9M€ en 2008 et 17,5 M€ en 2007 », rapportent les syndicats. « Sans aucune retombée pour les salariés. Nous exigeons que notre travail soit reconnu », pointent-ils. Colère et résignation se lisent sur les visages des grévistes. Le bras de fer est engagé pour obtenir gain de cause.
Ce matin, à 11 h, une délégation intersyndicale (Cfdt, FO, CGT) a rencontré le directeur du site avéen pour lui faire part de ces revendications. Une nouvelle rencontre est prévue cet après-midi, et aussi régulièrement que possible, jusqu’à ce qu’une réponse émanant du siège social de Courbevoie lui parvienne. De leur côté, des salariés sont partis distribuer des tracts à Vannes. "Le dernier fleuron du pays de Vannes va fermer, il faut que la population en prenne conscience."

Fermeture repoussée au 30 juin
Autre raison de la colère : le sursis de deux mois octroyé par la direction. Fin de semaine dernière, lors d’un nouveau comité d’entreprise, les représentants syndicaux ont appris que la fermeture de l’usine avéenne, d’abord programmée le 30 avril, était ajournée au 30 juin prochain. « Tout ça pour fabriquer plus de boîtes et avoir le temps de déplacer les lignes de production », dénoncent les salariés. Ils balaient d’un revers de la main la version officielle selon laquelle ce sursis permettrait aux salariés « délocalisés » de pouvoir mieux prévoir leur déménagement, concernant notamment la scolarité des enfants.

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