La Trinité-sur-Mer : les pêcheurs demandent à "Sarkozy de tenir ses promesses"
Spi Ouest-France-Bouygues-Telecom /
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Publié le 19 mars 2008 à 18h44.
/ actualisé le 20 mars 2008 à 09h06.
A 20h, une cinquantaine de bateaux de pêche, soit près de 200 marins pêcheurs, étaient amarrés aux quais de La Trinité-sur-Mer.
Les pêcheurs du sud-Morbihan, mécontents des "promesses non tenues de Sarkozy", sont venus à La Trinité-sur-Mer (Morbihan), faire entendre leur voix. Pour ce faire, ils ont choisi de perturber un évènement hautement médiatique : le Spi Ouest-France-Bouygues-Telecom.
19h30 sur le port de La Trinité-sur-Mer (Morbihan). Quelques locaux prennent l'apéro dans les bars longeant le front de mer, sur fond de fous rires. A quelques mètres de là, l'ambiance est plus morose.
Six gendarmes discutent avec un des organisateurs du Spi Ouest-France-Bouygues-Telecom. Celui-ci se dit "inquiet pour les épreuves" qui vont se dérouler dès demain sur la commune littoral.
Plus loin au bout du quai, sur le môle Caradec, un petit groupe d'hommes, emmitouflés dans leurs polaires et leurs cirés, parlementent. Ce sont des pêcheurs, arrivés tout droit de Lorient, Quiberon, Auray et les îles. Pour le moment, on compte une cinquantaine de bateaux à quai. Une dizaine devraient encore les rejoindre ce soir.
Derrière eux, quelques moteurs de "chalus", à couple, tournent. Il va bien falloir dormir dedans cette nuit... Sur leurs coques attaquées par le sel, les marins ont déplié de grands draps blancs, en guise de banderoles. Les badauds, nombreux à se presser voir ce qui anime le port, peuvent lire : "Pêcheurs à terre, gazoil trop cher, ras le bol, trop c'est trop". Plus loin, les revendications s'adressent directement au chef de l'Etat : "Sarko, tiens tes promesses".
Stéphane Gervier, patron pêcheur, a rejoint La Trinité depuis Quiberon. Il est venu "demander à Sarko de tenir sa promesse. On entend parler de 10 ou 12 millions d'aides, pour l'instant, on n'a pas touché un centime." Selon lui, il ne peut plus sortir son bateau en mer. "Jusqu'à maintenant, on avait les exonérations de charges sociales et salariales. Mais depuis février, plus rien."
Stéphane Gervier faisait partie, en fin d'année dernière, de la délégation montée jusqu'à Paris, au ministère, après le passage de Nicolas Sarkozy au Guilvinec. "Pendant la réunion, on nous a pourtant dit qu'on serait exonérés jusqu'à ce que le gazole passe à 30 centimes d'euros. Et ce pour tous les types de bateaux : chalutiers, fileyeurs, palangriers, caseyeurs."
20h15. Le patron pêcheur Tony Hémont vient de faire 3h de route depuis Lorient pour faire passer un message. "On a pas mal accepté de contraintes comme la diminution des quotas. Ca nous a pénalisés. Alors avec l'augmentation du gazole en plus, on va pas s'en sortir. On frôle les 50 % de perte de salaire. Ca s'est dégradé en l'espace de 8 mois."
Tous les pêcheurs s'accordent sur un point : "Nous sommes arrivés à un stade où on ne sait plus quoi faire. C'est pour ça qu'on est venu ici. C'est les 30 ans du Spi, on est sûrs que ça va être médiatique."
Pour le moment, les marins restent discrets sur les actions qu'ils vont mettre en place sur l'évènement.
(E.B.)
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