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OGM : Michel Grall et Loïc Bouvard (UMP) estiment que la "recherche est une nécessité"
Culture /
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Publié le 1 avril 2008 à 17h57.
/ actualisé le 1 avril 2008 à 18h00.
Les députés du Morbihan Michel Grall et Loïc Bouvard (UMP) estiment que "la recherche sur les OGM est une nécessité" dans une pétition diffusée ce mardi. Un texte qui intervient alors que le parlement est en proie à un débat houleux sur la question des OGM.
Les députés ouvrent, ce mardi et pour trois jours, un débat qui s'annonce houleux à l'assemblée, sur les organismes génétiquement modifiés (OGM). Le projet de loi du gouvernement vise à transcrire une directive européenne dans le droit français.
Mais la 1ère mouture du texte, présentée par Jean-Louis Borloo lors du fameux Grenelle de l'environnement a été largement revu et corrigé par les sénateurs le 8 février dernier. Le ministre de l'écologie est pris en tenailles entre les engagements du Grenelle de l'environnement, qui a proclamé le droit à "produire et consommer sans OGM", et une majorité parlementaire qui souhaite, à quelques exceptions près, encourager les biotechnologies.
C'est dans ce contexte, et alors que le sénateur UMP Jean-François Le Grand (Manche) dénonce sur le Monde.fr des parlementaires pro-OGM "actionnés par les semenciers", que 72 députés UMP ont choisi de signer une pétition intitulée "La recherche sur les OGM est une nécessité." Les députés Michel Grall (Auray) et Loïc Bouvard (Ploërmel) figurent parmi les signataires de celle-ci.
Voici le texte de la pétition :
"La recherche sur les OGM est une nécessité."
« La discussion à l'Assemblée nationale du projet de loi sur les organismes génétiquement modifiés intervient dans un contexte particulièrement sensible, qui nous invite à rappeler quelques évidences sur les OGM et la portée de leurs enjeux.
L'interdiction de la culture du MON 810 a entraîné une focalisation excessive sur cette seule plante génétiquement modifiée. L'opinion, en France, se montre plus réticente qu'ailleurs. Les scientifiques sont peu écoutés ou suspectés de partialité. Les opposants entretiennent savamment les peurs les plus irrationnelles dans l'esprit de nos concitoyens.
Or, lorsque nous parlons d'OGM, lorsque nous nous prononçons rapidement «pour» ou «contre» cette innovation, savons-nous toujours de quoi nous parlons ? Connaissons-nous la multiplicité des applications qui se cachent derrière ce terme générique ? En agriculture bien sûr, mais aussi en industrie, en recherche fondamentale, et surtout en médecine.
Les OGM sont un élément fondamental des biotechnologies, un compartiment essentiel des sciences du vivant. Ils permettent, depuis longtemps, dans le domaine de la santé par exemple, de produire de l'insuline pour les diabétiques. Ils sont d'ores et déjà à l'origine d'un médicament sur six et offrent, pour demain, l'espoir de fabriquer de nouveaux vaccins, de pouvoir soigner des maladies incurables ou orphelines.
Dans le domaine agricole, les biotechnologies végétales sont une technique de sélection et d'amélioration des plantes àl'instar de celles qui existent depuis des millénaires que cesoit la greffe ou l'hybridation mais plus rapide, plus efficace et plus précise.
Ces plantes génétiquement modifiées (PGM) sont aujourd'hui plus résistantes aux parasites. Celles de deuxième génération sauront, demain, s'adapter au manque d'eau, ou à des températures plus chaudes, contribuer au progrès agronomique pour répondre au défi alimentaire qui s'annonce, à la nécessité de doubler la production agricole mondiale pour nourrir 9 milliards d'être humains d'ici à 2050.
Dans le domaine industriel enfin, moins connu, les PGM ouvrent la perspective de fabriquer des matières plastiques biodégradables ou de la pâte à papier moins polluante.
Si des précautions s'imposent, comme pour toute innovation, personne ne peut sérieusement nier aujourd'hui que les organismes génétiquement modifiés constituent une avancée considérable de la science et que les voies potentielles de leurs applications suscitent d'immenses espoirs.
Face à ces données objectives et irréfutables, quel crédit accorder aux discours simplificateurs et caricaturaux que nous entendons ?
Peut-on accepter que les OGM soient systématiquement diabolisés, que leurs bénéfices potentiels soient occultés, que des a priori soient assénés à nos concitoyens sans aucune démonstration scientifique ?
Peut-on admettre que la parole des scientifiques ne soit pas respectée et que ceux qui tentent de les défendre soient immédiatement accusés au mieux de scientisme, au pire de corruption ?
Entre 1993 et 2000, plus de 31 000 études scientifiques ont été publiées sur le sujet. Les plantes génétiquement modifiées sont aujourd'hui les végétaux les plus surveillés, les plus contrôlés qui soient.
Aucun d'entre eux ne peut être mis en culture, ni proposé à la consommation sans avoir été passé au crible des évaluations scientifiques et des commissions de biovigilance les plus exigeantes.
Il faut donc dénoncer les contre-vérités qui entretiennent la confusion dans l'esprit de nos concitoyens. Il faut restaurer la confiance de nos compatriotes et redire qu'aucune étude sérieuse n'a démontré un quelconque risque sanitaire des OGM autorisés.
Il faut exiger, de ceux qui accusent, la même rigueur dans la démonstration que celle que s'imposent les scientifiques.
Il faut expliquer que les fauchages de champs OGM ruinent des années entières d'efforts de recherche, mettent en péril notre capacité d'innovation et font le jeu des entreprises étrangères.
Car s'il n'est pas admissible qu'une firme multinationale détienne plus de 70 % des brevets de semences OGM, il n'est pas plus tolérable qu'une minorité empêche la recherche française de mener à terme ses essais au champ, de développer ses propres brevets, menaçant ainsi notre indépendance agricole et alimentaire.
Notre pays, qui était à la pointe de la recherche sur les biotechnologies végétales il y a vingt ans, est aujourd'hui distancé par d'autres nations. Les États-Unis, la Chine, l'Inde ou le Brésil investissent massivement dans ces domaines alors que, chez nous, le nombre d'expérimentations n'a cessé de chuter : de plus d'une centaine en 1997 à 13 en 2007 ! À ce rythme, nous ne maîtriserons bientôt plus le savoir-faire technique de cette innovation.
Ne nous y trompons pas : cette frilosité a un prix. C'est l'avenir de la recherche française dans les sciences du vivant qui est en cause, c'est notre capacité d'innovation dans le domaine médical, mais aussi la compétitivité de notre secteur industriel et agricole qui sont menacées.
Dans quelques jours, le projet de loi viendra définir un cadre pour la culture des OGM dans notre pays et posera comme principe «le droit de produire et de consommer avec ou sans OGM». Il sera, nous l'espérons, l'occasion d'aboutir à une loi d'équilibre, une loi de liberté et de responsabilité, une loi qui reconnaisse les enjeux des biotechnologies végétales pour l'avenir de notre pays."
Les députés UMP : Nicole Ameline, Martine Aurillac, Brigitte Barège, Jean-Claude Beaulieu, Jean-Louis Bernard, Marc Bernier, Jérôme Bignon, Claude Birraux, Étienne Blanc, Claude Bodin, Loïc Bouvard, Françoise Branget, Chantal Brunel, Gilles Carrez, François Calvet, Jean-Louis Christ, Pascal Clément, Philippe Cochet, Georges Colombier, Bernard Debré, Jean-Pierre Decool, Bernard Deflesselles, Vincent Descœur, Dominique Dord, Daniel Fasquelle, Yannick Favennec, Nicolas Forissier, Arlette Franco, Claude Gatignol, Guy Geoffroy, Bernard Gérard, Alain Gest, Louis Giscard d'Estaing, François-Michel Gonnot, Didier Gonzales, Michel Grall, Claude Greff, Michel Herbillon, Françoise Hostalier, Sébastien Huyghe, Jacqueline Irles, Marc Laffineur, Pierre Lequiller, Jean-Claude Lenoir, Daniel Mach, Richard Mallie, Christine Marin, Pierre Méhaignerie, Pierre Morel-A-l'Huissier, Alain Moyne-Bressand, Jean-Marc Nesme, Yves Nicolin, Patrick Ollier, Yannick Paternotte, Bernard Perrut, Henri Plagnol, Serge Poignant, Jean Proriol, Jacques Remiller, Bernard Reynes, Jean-Marie Rolland, Valérie Rosso-Debord, Max Roustan, Martial Saddier, François Scellier, André Schneider, Jean-Pierre Soisson, Guy Teissier, Alfred Trassy-Paillogues, Isabelle Vasseur, Michel Voisin, Gérard Voisin.
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Vos dernières réactions
Le 17/04/08 à 17:46 par basket
L'obscurantisme n'est-ce pas refuser de tenir compte des scientifiques qui travaillent sur les OGM en laboratoire et estiment qu'il y a encore trop d'inconnus pour se lancer dans la culture en plein air?
Le 07/04/08 à 14:21 par madmarc
Mon cher erlannig
Comme vous j’aime la lucidité, l’équilibre et la pondération. J’abhorre les ignares, les obscurantistes et les bornés verts, jaunes ou rouges !
Je relève cependant, dans votre discours, pondéré, éclairé et ouvert comme il se doit, quelques fines contradictions qui ont, semble-t-il, échappé à votre sagacité, ouverture d’esprit et grande tolérance.
Vous dites : que Bovère et Mamé refusent toute approche scientifique qui ne leur est pas favorable. Soit. Mais... une démarche scientifique n’a pas à être favorable à l’un ou l’autre. Elle est scientifique ou ne l’est pas. Point.
Et, à ma connaissance, aucun scientifique n’a affirmé que les cultures OGM de plein champ étaient sans conséquence sur la biodiversité. Tous disent : les études réalisées ne permettent pas de conclure…..voir ogm.gouv
Comme vous, j’ai confiance dans la science de mon pays et je comme vous je crois qu’un bon nombre de problèmes de notre époque trouveront leur solution dans les avancées scientifiques. Réjouissons-nous ! Mais delà à hypothéquer le patrimoine génétique de milliers d’espèces il y a une marge ! Cette marge s’appelle « moratoire » et « expérimentation en laboratoire ».
L’argument qui tue, celui qui me laisse pantois, sans voix et sans bras c’est celui de la motivation « commerciale » de ces deux sinistres individus que sont Bomé et Mavère. En vous lisant j’ai cru entendre dans mon dos pouffer Monsanto et Limagrain. Très vite ils ont repris leur sérieux. Ils sont revenus à leurs calculettes et à leurs courbes de croissance, puis tout auréolés de lumière, s’en sont allés rassurer nos bons députés qui ne défendent pas du tout les intérêts de quelques céréaliers et gros industriels… et qui de surcroît confondent sélection naturelle, greffe et manipulation génétique !
S’il existe un gène du mauvais esprit: je suis donneur universel.
S’il en existe un de la mauvaise foi, mieux vaut laisser le votre dans l’éprouvette ! Principe de précaution oblige!
Bien à vous.
Le 03/04/08 à 14:00 par erlannig
LUCIDITE et COURAGE
Ce texte est remarquable de pondération et d'équilibre . TOUT Y EST DIT . C'est une alerte , et un refus de céder aux manoeuvres et aux gesticulations de tous les idéologues verts excités , immatures , ignares , irresponsables et bornés comme Bové et Mamère , qui refusent toute approche scientifique dès lors qu'elle ne leur est pas favorable . Ils n'ont que faire de trouver des cultures qui s'adaptent au réchauffement climatique et qui permettraient de freiner l'avancée des déserts ...! . La seule chose qui les intéressent : entretenir leurs fonds de commerce . Misérables ...
Il est heureux qu'au moins 2 députés du Morbihan aient eu le courage de soutenir cette pétition . Il est triste de voir le manque de courage des autres , Jacques LE NAY et Gérard LORGEOUX . Quant à Goulard , qui s'exprime pourtant dans le même sens , on peut s'étonner que sur ce sujet il éprouve une fois de plus le besoin de faire bande à part .